« L’autre jour sur France-Info, un flash d’informations signalait l’interpellation d’un médecin du Samu surpris en train d’étouffer une patiente au lieu de la soigner. Dès le lendemain –comme on pouvait s’y attendre- , il s’avérait que son geste avait été mal interprété , le médecin ayant rigoureusement accompli les soins d’urgence. N’importe pour quelques heures, dans une information diffusée en boucle puis reprise sur Internet, il était devenu «  le médecin assassin ». La rapidité de l’information, la glorieuse loi du scoop avaient encore frappé, comme elles frappent depuis des années, en découvrant à chaud les charniers de Srebenica et quantité d’horreurs qui mettent les esprits sous pression… »

Je ne résiste pas à citer ces propos de Benoît Duteurtre extraits du Figaro littéraire du jeudi 16 octobre.

En effet il s’est un peu passé la même chose dans l’affaire de la mise sous tutelle des finances de la ville de St Etienne. On lance une information sans prendre la peine de la vérifier. On utilise volontairement un mot effrayant dont on sait que tout le monde ignore le sens exact. On ne se prive pas d’insulter les élus du mandat précédent, remettant en cause leurs compétences voire leur honneur. Et puis tout finit par s’écrouler, le Préfet siffle la fin de la récréation en rappelant ce qu’est une tutelle, et qu’il n’a jamais été soumis à la moindre demande en ce sens, par quelque autorité que ce soit, concernant la ville de St Etienne… Las, le mal est fait…

Heureusement, le bon sens des Stéphanois finit par l’emporter. Chacun comprend alors qu’il ne s’agit que d’une manœuvre politicienne pour justifier de futures augmentations d’impôts.

  Tout cela a un nom. Cela s’appelle la calomnie.Beaumarchais dans Le Barbier de Séville la définit mieux que personne : « La calomnie, monsieur ! Vous ne savez pas ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens près d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville en s’y prenant bien et nous avons ici des gens d’une adresse !... »

 

 

                                                                                                                               ROBERT KARULAK