10 ans, la première biennale de Design a eu lieu en 1998. Imaginée par quelques pionniers, personne ne songeait alors au succès qu'elle allait connaître en France et dans le monde.

Les stéphanois, pourtant, ont compris dès le début que cette manifestation s'inscrit dans la continuité de notre histoire industrielle. La biennale valorise notre identité, prolonge nos savoir-faire en leur ouvrant de large horizons.

Sur le plan national, ce message a rapidement été entendu et après le succès des deux premières éditions, les ministres se sont précipités à chaque inauguration, Mais l'essentiel réside dans le rayonnement de la Biennale. En effet elle est devenue un incontournable rendez-vous pour tous les designers connus ou en émergence du monde entier.

Peu à peu, un petit groupe d'organisateur passionnés a réussi avec le soutien sans faille de l'équipe municipale de Michel Thiollière, à imposer l'idée de St-Étienne, capitale du Design.

C'est ainsi qu'est née l'aventure de la Cité du Design. Ce projet a nécessité une formidable énergie avant de sortir de terre. En début d'année prochaine il sera inauguré.

Malheureusement Maurice Vincent a toujours affiché son hostilité au projet de la Cité du design. Il n'a pas su saisir l'intuition formidable de ceux qui l'ont pensé et au lieu de le soutenir, lorsqu'il était dans l'opposition, il lui a mis, chaque fois qu'il l'a pu, des bâtons dans les roues.

Après la mise à mort de l'Opéra de Saint-Étienne, on craint que les ambitions de la Cité ne soient revues à la baisse.

En effet, cette Cité aurait besoin d'un maire visionnaire capable de l'inscrire dans la logique de développement d'un pôle de compétitivité.

La croissance économique en Europe dépendra demain de ces pôles associant industriels, laboratoires et universités. Baptisés « clusters » ces lieux donneront une identité économique à des régions entières favorisant l'emploi à tous les niveaux de la production, reliant PME et grandes entreprises dans une dynamique de développement commun.

Dès ses origines, la Cité avait cette ambition. Disons-le, elle était en avance sur son temps. Espérons que cette avance et cet immense espoir ne seront pas gâchés par des stratégies politiciennes à courte vue.

Pour ces dix ans la Biennale a connu un grand succès. Le public était,de même que les précédentes éditions, au rendez-vous. Hélas , comme pour le Zénith Maurice Vincent manque de fair-play et oublie de remercier ceux qui sont à l'origine de cette manifestation.

C'est d'autant plus dommageable que pendant ce temps il communique au niveau national sur une prétendue faillite de la ville de St Étienne. Après une telle publicité quel investisseur aura encore envie de venir s'installer chez nous?

Nous préférons de notre côté parler de l'inventivité des Stéphanois , de leurs talents multiples , de leur capacité à accueillir un centre mondial du Design...

Malheureusement l'avenir n'attend pas .Les mois que nous venons de perdre comme l'image d'immobilisme et d'impuissance que véhicule l'actuelle équipe municipale pèsent déjà lourd dans la balance.

Alors , en attendant des jours meilleurs , souhaitons du fond du cœur un bon anniversaire à la Biennale, en remerciant tous ceux qui ont fait son succès.

Robert KARULAK