On annonçait de fulgurants changements pour l'édition 2008 de la Fête du livre de St-Étienne. Songez, l'évènement était jugé insuffisamment littéraire, pas assez culturel, trop populaire sans doute.... On nous promettait de réinventer l'eau chaude en organisant des débats, en allant dans les établissements scolaires ou dans les quartiers, ce qui, au fond, ne se fait que depuis une vingtaine d'années...
On nous laissait miroiter une meilleure couverture nationale fort d'un partenariat avec Le Point qui lui aussi,nouvel oubli, existe depuis plusieurs éditions...Bref ! L'herbe serait plus verte, la littérature mieux honorée, les intelligences bien servies...

Las, la fête a été Ségolenisée !

Oubliés les Goncourt, Renaudot, Médicis et consorts, vive la madone des sondages... Méprisés les débats, les échanges philosophiques et littéraires, vive les meetings politiques au cœur du chapiteau ! Que les vrais auteurs en soient chagrins, qu'importe ! Que l'on mélange les genres, tant pis ! Après tout, Madame Royal ne dit elle pas tout et son contraire!

Remarquez, c'est le seul auteur qu'on a pu trouver facilement durant cette fête du livre. Vu l'absence de signalétique, les autres demeuraient invisibles. Simple question : Pourquoi tant de grisaille et de tristesse dans ce chapiteau ? Il aurait fallu tout repeindre en rose !
Quand on pense que cette fête du livre – est-ce encore une fête d'ailleurs ?- a coûté plus cher que les précédentes pour proposer, au final, moins d'auteurs , moins d'animation , de bien tristes soirées de gala , une image écornée de St-Étienne auprès des écrivains comme des éditeurs …

Aux côtés de M. Plus -plus de dépenses donc plus d'impôts- il doit sûrement y avoir un Monsieur moins à la mairie de St-Étienne!

Robert Karulak