IL N'Y A PLUS DE PILOTE DANS L'AVION
Par Gael le vendredi 10 octobre 2008, 11:48 - Lien permanent
TRISTE RENTREE A ST-ETIENNE,
IL N'Y A PLUS DE PILOTE DANS L'AVION
La politique n’est pas une science exacte et les résultats d’une élection sont bien souvent liés à des circonstances sur lesquelles nous n’avons pas prise. C’était le cas, le 17 mars dernier avec une vague rose nationale, retour du balancier d’une présidentielle victorieuse. A St-Etienne, comme presque partout ailleurs, les candidats assimilés à la majorité présidentielle ont été emportés. Nous savons tous très bien que les périodes de grandes réformes provoquent toujours plus d’impatiences et de crispations que les périodes d’immobilisme dont nos adversaires politiques sont coutumiers.
Cette saute d’humeur nationale a malheureusement masqué les enjeux locaux. Pourtant tout au long d’une campagne de 3 mois, Michel Thiollière a constamment voulu élever le débat. Il s’est tenu à une ligne d’argumentation très rigoureuse refusant les polémiques et affirmant des ambitions claires pour notre ville. Le message n’est pas passé, le débat n’a pas eu lieu. On ne saura sans doute jamais ce que ses différents adversaires voulaient vraiment pour Saint-Étienne.
Mr Maurice Vincent n’a pas aujourd’hui d’autre choix que de se fondre dans le bilan de Michel Thiollière pour plus tard s’en approprier les réalisations. Consciente de cette situation, la nouvelle équipe municipale pense trouver son salut dans la critique outrancière et la caricature, non des réalisations- incontestées- de Michel Thiollière, mais d’une gestion supposée dispendieuse.Les faits et les chiffres démontrent pourtant le contraire.
En attendant, on s’interroge sur le devenir de notre cité. Bien malin celui qui pourrait deviner les intentions et les projets du maire nouvellement élu. Personne n’est dupe, l’attaque contre les finances masque le vide d’un discours et le néant d’un projet.
Les enjeux sont cependant limpides : ou St-Etienne devient une agglomération de seconde zone, à la remorque de Grenoble et Lyon, ou elle se donne les moyens de rester une grande ville européenne .Dans ce but il faut continuer à faire venir des investisseurs, à encourager les initiatives locales,à soutenir les dirigeants et les cadres inventifs. Cette politique aboutit non seulement à transformer l’image de la ville mais surtout à des créations d’emplois qui profitent à tous.
Il est regrettable que l’avenir de Saint-Etienne n’ait pas été pris davantage en compte.
Il fallait rendre notre ville attractive en lui donnant un niveau d’équipements significatifs.
Il fallait l’inscrire dans une logique de développement durable.
Il fallait rappeler l’ambition d’un projet urbain conforme à l’histoire d’une cité industrielle née au XXIème siècle.
Au fond, on n’a pas parlé de cela et malgré les efforts du candidat Michel Thiollière, le niveau du débat ne s’est jamais élevé. Peut-être ses adversaires savaient-ils que leur projet n’était pas à la hauteur. Peut-être craignaient-ils d’affronter Michel Thiollière sur un terrain où ils le savaient supérieur. On a un peu perdu de vue ce qu’était devenue Saint-Etienne, ville centre d’une agglomération, ville centre à la recherche d’un renouveau économique et culturel. On s’est enlisé dans les questions de proximité, essentielles mais pas suffisantes au bien-être d’une ville. On a laissé de côté la dimension européenne et les questions internationales, comme si aujourd’hui on pouvait se replier sur soi et exister dans le concert économique mondial en se contentant de ramasser les crottes de chien…
On a limité le débat démocratique au fonctionnement quotidien de la cité. Si celui-ci est indispensable il est aussi lié aux grands travaux qui permettent d’améliorer la vie de tous les jours dans un sens qualitatif.
On a attaqué le maire sortant parce qu’il prend ses concitoyens pour des gens majeurs qui ne se contentent pas de sourires hypocrites, parce qu’il refuse la politique spectacle…
L’élection a eu lieu. Beaucoup disent ne pas comprendre ce qui s’est passé. Chacun ressent déjà une cassure dans le dynamisme que nous avions réussi à impulser.La rentée est triste, l’élan brisé. Il faut désormais se battre pour que Saint-Etienne reste une grande ville. Les Stéphanois méritent mieux qu’une approche étriquée de leur futur. Ils doivent être récompensés des efforts qu’ils ont fournis ces dernières années. Tout retour en arrière condamnerait notre agglomération à devenir la vassale de notre voisin lyonnais.
MOBILISONS NOUS, IL EST TEMPS DE SE RETROUVER POUR SERVIR LA VILLE QUE NOUS AIMONS.
Robert KARULAK